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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 17:25

 

Copie de Bernard Beaudet 

Une intervention pleine de bon  sens du Sénateur Gérard LARCHER, ancien président du Sénat, suite au débat sur la reconnaissance du 19 mars comme journée nationale du souvenir pour nos compagnons tombés en Algérie. Une proposition qui devrait amener à un consensus national si le PS et son président voulaient pour une fois s’abstenir de défaire tout ce que la droite a initié,  de faire de la provocation pour alimenter sa communication et enfin cesser de vouloir opposer les français..

 

Le 19 mars, le vote des étrangers et le mariage homo suivi de l’adoption,  sont autant de leurres pour masquer leur inertie sur les vrais grands problèmes du moment mais aussi  des gages à un sauvetage d’une majorité en cours de désintégration.

 

Je vous livre in-extenso l’intervention au Sénat de Gérard LARCHER, sénateur des Yvelines.

 

 BB...................................................................................................................

 

Proposition de loi N° 188 relative à la reconnaissance du 19 mars comme journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.

 

 

                 Prise de parole sur l’article 1

 

 

 

Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre,

Monsieur le rapporteur,

Mes chers collègues,

 

 

Le 25 octobre dernier, il s’agissait de débattre, dans le cadre de l’ordre du jour réservé, d’une proposition de loi clivante pour le monde combattant.

Une proposition de loi, adoptée il y a plus de 10 ans par une représentation nationale issue d’élections en 1997 qui ravive des blessures encore profondes au sein de la société française !

Et cela, au détriment du principe d’apaisement indispensable à toutes les commémorations et hommages que notre Nation se doit de rendre à ceux qui se sont sacrifiés pour elle.

Nos débats ce matin montrent combien l’apaisement est encore un chemin à parcourir.

Oui, le « 19 mars » est une date qui, pour nombre de nos concitoyens et leurs descendants, est encore synonyme de douleur et drame (JR LECERF l’a évoqué).

 

En plus d’être inopportun pour la cohésion de toute la Nation, ce texte revient sur deux lois qui ont l’objet d’examen et de vote, eux, dans des délais raisonnables.

 

1 – La loi du 23 février 2005, voulue par le Président Jacques Chirac, portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés et qui rend un hommage solennel, le 5 décembre aux combattants morts pour la France en Afrique du Nord.

Bien sûr, que cette date ne fait aucune référence à l’Histoire et par conséquent, serait moins représentative. Toutefois, cette date permet le respect de TOUTES LES MEMOIRES et ne meurtrit le passé d’aucun des citoyens, peu importe leurs appartenances politiques, leurs statuts à l’époque, leurs origines, leur choix !

Le 5 décembre offre à la Nation l’occasion d’un moment de recueillement républicain et d’hommage apaisé. Aujourd’hui, en proposant le 19 mars, à la demande de deux associations que je respecte, vous allez aussi contre l’avis de 40 autres qu’il faut aussi écouter M NEIRI !

Oui vous balayez purement et simplement le travail accompli depuis 2005 et le chemin parcouru par quasiment toutes les associations et les familles sur la route d’une mémoire nationale rassemblée, alors que les évènements d’Algérie sont encore des temps de mémoire douloureux.

 

2/ Vous revenez également sur la loi du 28 février 2012 fixant au 11 novembre la commémoration de tous les morts pour la France. Une loi majeure qui permet une véritable communion entre toutes les générations du feu et la Nation :

-   celles du souvenir des 14-18 et 39-45,

- celles de ceux qui ont combattu en Algérie, en Indochine (on n’en a pas parlé ce matin, peut-on occulter cette mémoire), dans les TEO ! Un 11 novembre qui permet une transcendance des valeurs de notre pays pour la défense de la liberté et honore les  sacrifices de nos militaires qui ont servi la France.

 

Aujourd’hui Monsieur le Ministre, en ayant inscrit cette proposition de loi à l’ordre du jour du gouvernement, l’exécutif « s’ingère », interfère. Ce n’était pas vos propos du 25 octobre.

Puisqu’il s’ingère, je voudrais savoir Monsieur le Ministre, je vous questionne : est ce que le gouvernement, et il peut le faire, entend saisir l’Assemblée Nationale de l’essentiel du texte qui sortira de nos travaux aujourd’hui ?

 

Monsieur le Ministre, vous ne pouvez plus tenir aujourd’hui ces propos de non ingérence. A mon tour, j’en appelle à la sagesse de la Haute Assemblée mais aussi à celle du gouvernement.

 

En réalité, cette proposition de loi me parait instrumentalisée malgré elle, telle une réponse à une injonction diplomatique faite à la France.

Mardi 30 octobre, le ministre algérien des anciens combattants Chérif ABBAS, a souhaité de la part de la France "une reconnaissance franche des crimes perpétrés à leur encontre par le colonialisme français". Et le 31 au soir, le ministre des relations au parlement reprenait à compte cette proposition de loi !

Pourtant, que n’avions-nous entendu lorsque nous avions utilisé cette procédure en février dernier, lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’organisation du service et à l’information des passagers dans les entreprises de transports aérien.

Alors, Monsieur Rebsamen, lui-même dénonçait « la mutation d’une PPL en PJL ». Et Monsieur Carrère, s’interrogeait sur la conformité de cette pratique et l’esprit de nos institutions.

 

*                      *

*

 

Les propos de M. Cherif ABBAS ont placées sous tension les relations franco-algériennes et place sous de difficiles auspices le voyage du Président de la République à Alger le 19 et 20 décembre prochain.

Nous ne pouvons légiférer en fonction des agendas diplomatiques.

La mémoire nationale doit d’abord être un temps de rassemblement et d’unité. Elle ne peut être instrumentalisée en aucune manière. La véritable conciliation des mémoires française et algérienne ne peut se faire sur la stigmatisation des uns et le parti pris des autres !

 

« La mémoire de l’Algérie », celle de 1830 à 1962, en France et en Algérie nécessite dialogue, objectivité, respect mutuel. Le choix du 19 mars est contraire à cette exigence.

 

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commentaires

LOUANCHI 25/11/2012 06:21

lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news
En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après
24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l'Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200
harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société
française. Sur les
quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler.

35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude
Honnorat.


Sur radio-alpes.net - Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13) - Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian
n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi) Interview du 26 mars 2012 sur radio-alpes.net