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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 00:48

Jalons de campagne

Je vis actuellement la campagne politique la plus difficile que j’ai connue. Autant prendre ces difficultés avec l’humour qui convient. C’est Oscar WILDE qui disait que « l’humour était l’élégance du désespoir », mais comme MAURRAS écrivait aussi que « le désespoir en politique était une sottise absolue », je me contenterai de quelques remarques sur les difficultés en question.

D’abord, il y a la plus importante. Le latiniste passionné que j’ai été ne s’attendait pas à devoir vivre le « et tu quoque, mi fili ». Jules CÉSAR avait été assassiné notamment par son fils adoptif, Brutus. J’ai aujourd’hui comme adversaire soutenu par la puissante machine de l’UMP celui dont je me plaisais à dire qu’il était mon fils spirituel et que j’ai installé à ma place à la tête de l’opposition municipale tourquennoise en quittant le Conseil Municipal de Tourcoing après les élections de 2008. Un petit article du Figaro souligne que le Brutus en question a travaillé pour TOUBON, BERTRAND et DOUILLET en omettant de rappeler qu’il a d’abord effectué un stage à mon Cabinet en 2003 et a collaboré auprès de son meilleur ami à mon Cabinet Parlementaire à partir de 2005 avant de devenir mon Directeur de Campagne pour les Législatives de 2007 et les Municipales de 2008. À lire le Figaro, c’est sans doute un coup de baguette magique qui a amené ce Parisien à Tourcoing. Et bien non, c’est moi et encore moi qui l’ai présenté à Xavier BERTRAND et l’ai soutenu pour les élections Régionales de 2010. Pas seulement féru d’études latines, mais aussi de psychanalyse, je ne peux que constater dans ces faits un meurtre du père parfaitement œdipien, mais sans complexe. Pour ceux qui préféreraient au latin et à la psychanalyse la lecture d’Astérix, je leur conseille « la Zizanie » et un certain personnage prénommé Cneïus.

En effet, il est assez piquant de constater combien mes arguments les plus solides se trouvent aujourd’hui retournés par une médisance sans doute de plus longue date que je ne l’aurais cru. Vanneste change sans cesse d’étiquette. L’essentiel est que je ne change pas d’idée, même si l’UMP m’a désinvesti sans m’exclure pour avoir osé rappeler une vérité historique qu’un certain nombre de ses dirigeants ignorait manifestement et avait sans doute des raisons de nier. Pour un grand parti prétendument démocratique c’est une bien curieuse conception de la liberté de penser et de s’exprimer. Éric ZEMMOUR a eu droit à un triomphe au groupe UMP alors qu’il était condamné. J’ai à deux reprises en 2007 et 2012 dû recourir à « une autre étiquette » alors que je n’ai nullement été condamné pour avoir défendu des idées avec lesquelles d’ailleurs Éric ZEMMOUR est parfaitement d’accord.

C’est avec une certaine incrédulité que je vois défiler à Tourcoing mes « amis » politiques, les Ministres que j’ai soutenus avec constance au sein de Gouvernements dont j’ai approuvé les actions de manière générale. Ils viennent apporter leur appui à mon adversaire inattendu. C’est avec consternation que j’observe les moyens considérables mis en œuvre par l’UMP dans cette campagne et qui proviennent notamment des financements attribués à l’UMP par l’État en fonction du nombre des Députés qui s’y rattachent. Il est assez cocasse de se dire que la campagne dirigée contre moi est aussi une campagne que j’ai contribué à financer.

Si je recherche la cause de cette situation baroque, je la trouve évidemment dans ma prétendue « homophobie obsessionnelle ». Je rencontre des gens qui me disent : « mais ce n’est pas la priorité. Il ne fallait pas évoquer ce sujet… » Que ceux qui lisent mon blog ou mon journal Facebook ou s’intéressent à mon travail parlementaire veuillent bien remarquer que mes priorités ont toujours été l’emploi avec la TVA Sociale, le référendum d’initiative populaire, la sécurité, la nationalité et la citoyenneté, la santé, l’éducation… Mes propositions de loi, mes interventions, mes questions portent sur ces sujets et non sur celui dont certains médias ont voulu faire ma préoccupation essentielle.

Même mon fils ennemi en vient à me reprocher mes positions sur la sexualité, en omettant de dire qu’il m’avait rejoint en 2005 précisément pour être à mes côtés dans ce combat, alors que je subissais un procès inique dont je suis sorti totalement blanchi.

La raison de ce décalage entre la réalité vécue et celle qu’imposent les médias tient à une distance : celle qui sépare le milieu politique parisien, ses ambitions illégitimes, ses priorités absurdes, le jeu malsain de ses lobbys et la solidité de la vie politique chez les ch’tis avec son devoir d’écoute et de proximité, son appel au service, la présence constante requise à la multitude de ses manifestations, la bataille commune au-delà des clivages idéologiques pour faire valoir les atouts du Nord et surmonter ses déficiences. Le soutien des quatre Maires divers droite de Bousbecque Linselles, Neuville-en-Ferrain et Roncq, l’attitude correcte des Maires socialistes d’Halluin et de Tourcoing me font préférer la vie politique d’ici à celle de Paris, même si je crains que la contagion ne soit en marche.

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