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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 16:15

Paru dans « l’Express » sous la signature de Julie Saulnier. J'ai trouvé cet article intéressant et je ne manquerai pas de lire  cet essai " Le racisme anti-blanc, Ne pas en parler: un déni de réalité "publié par Tarik Yildiz et édité aux Editions du Puits du Roulle, 58 p., pour le prix de 8 euros.

Dans nos v illes et plus souvent dans nos banlieues, qui n'a pas subi, entendu directement ou rapporté par un tiers les marques de ce racisme anti-blanc. Il devrais se créer une association contre ce racisme, car les existantes ne veulent pas le reconnaitre.

Voici cet article paru dans l' Express.

BB.

Comment parler du racisme anti-blanc?

Le racisme anti-blanc est une réalité embarrassante. Dans un essai, le sociologue Tarik Yildiz l'aborde de front, pour éviter notamment de laisser le sujet aux extrêmes.

"Sale Français(e) de merde!" Cette expression les renvoyant à leurs origines françaises, Guillaume, Bastien, Anne, Hasan et les autres l'ont entendue souvent. C'est ce que décrit Tarik Yildiz au travers de neuf entretiens avec un collégien, un lycéen, une étudiante, des professeurs et des parents d'élèves de Seine-Saint-Denis.

Dans son essai, Racisme anti-blanc, Ne pas en parler: un déni de réalité*, ce doctorant en sociologie de seulement 25 ans dresse une cartographie du phénomène dans certains quartiers de certaines villes d'Ile-de-France.

Insultes, crachats, coups, les protagonistes de l'étude se disent victimes d'"une intolérance qui touche les blancs parce qu'ils sont - ou sont considérés - comme des 'Français de souche', en opposition aux Français issus de l'immigration", explique l'auteur, par ailleurs collaborateur du Bondy Blog.

Ne pas laisser la voie libre aux extrêmes

"Pendant le ramadan, je me cachais pour manger quelque chose de peur que l'on me fasse une réflexion ou que je sois agressé d'une manière ou d'une autre", raconte Guillaume, collégien. Céline confie que, pendant ses années de collège, elle maquillait la vérité pour qu'on la laisse en paix: "Il m'est arrivé de mentir plusieurs fois en m'inventant des origines que je n'avais pas (...) Je sentais qu'on était mieux intégré au groupe si on n'était pas 100% français." "Chaque jour, la seule chose que j'espérais, c'était de rentrer sans avoir pris de coups ou sans me faire insulter", ajoute de son côté Bastien, lycéen. Anne, sa mère, est abasourdie. "Jamais je n'aurais pu imaginer qu'un tel racisme pouvait exister chez des enfants", déplore-t-elle.

Le phénomène est réel, mais circonscrit. Alain, qui a soutenu un appel "contre les ratonnades anti-blanc" en 2008, précise "que ceux qui profèrent ces insultes (...) représentent une minorité dans les classes. Et comme souvent, la minorité violente est la plus visible." "Tout élément qui différencie un élève du groupe provoque une réaction hostile, plus ou moins violente, analyse Caroline. C'est ce qui se passe lorsque des élèves traitent un élève différemment parce qu'il a la peau blanche." Tarik Yildiz reconnaît qu'il "suffit d'une différence - couleur de peau, de cheveux, physique ingrat... - pour être pris pour cible".

Il faut aussi ne pas oublier, comme Caroline, enseignante, qu'"on a plus de chance de trouver un emploi ou un appartement quand on s'appelle François que quand on s'appelle Kader". Ou qu'il "est plus facile d'entrer en boîte de nuit, qu'on se fait beaucoup moins contrôler par la police quand on a la peau claire." Et d'attirer l'attention sur la dimension sociale: "Les jeunes qui posent des problèmes dans les établissements scolaires sont les plus défavorisés socialement (...) Ce n'est pas vraiment du racisme, mais une manière de vouloir prendre leur place dans une société où ils se sentent mal à l'aise."

Pour sa part, Fatima, étudiante française issue de l'immigration, estime qu'"il ne faut pas faire de distinction entre les racismes". Ce qu'admet bien volontiers Caroline, selon qui faire des différences, "c'est établir une hiérarchie". D'où l'importance de reconnaître l'existence de ces discriminations. "Lorsqu'on ne parle pas d'un problème, les victimes se sentent incomprises, déconsidérées. Cela peut les pousser elles-mêmes vers du racisme", observe Alain. "Ne pas entendre ceux qui souffrent, c'est prendre le risque de l'engrenage et les jeter dans les bras des partis extrêmistes, renchérit Tarik Yildiz. Il ne faut pas laisser le champs de ce qui préoccupe les Français aux extrêmes. Les partis traditionnels ne doivent pas avoir peur d'aborder le racisme 'anti-blanc'. Ce sont les solutions apportées à cette forme de racisme qui doivent être différentes."

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