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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 00:47

La gauche en pleine hystérie

 

 Après un an d’exercice du pouvoir, marqué par un échec économique, politique et moral, la gauche n’a plus rien à dire aux Français, sauf crier au loup fasciste !

Clément Méric, 18 ans, est mort il y a une semaine, à la suite d’une bagarre avec quatre skinheads. L’auteur des coups, Esteban Morillo, a été interpellé dès le lendemain, et mis en examen pour “violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner”. Les deux garçons étaient connus des services de police. Le premier pour faire partie d’un groupe de militants d’extrême gauche qui recherchaient aisément la confrontation. Le second pour ses liens avec différents mouvements d’extrême droite qui pratiquaient facilement le coup de poing.

L’affaire aurait pu en rester là si la “gauche morale” n’avait pas aussitôt “sauté” sur le cadavre de cet étudiant de Sciences Po, pour dénoncer une “menace fasciste”, stigmatiser le Front national et, pire encore, faire le lien entre ce crime perpétré par des décérébrés et les millions de Français qui ont défilé dans les rues de Paris pour protester contre le “mariage pour tous”.

Que n’a-t-on pas entendu en l’espace d’une semaine ? Le Chant des partisans entonné à Sciences Po comme si le spectre du nazisme était aux portes de Paris. Jean-Michel Aphatie, le porte-parole de la bien-pensance, accusant Marine Le Pen d’une connivence avec ces skinheads. Ou, plus grave, Pierre Bergé déclarant sur Twitter : « L’immonde Barjot avait promis du sang, le voilà qui éclabousse la démocratie et la République. » En dépit des violentes réactions suscitées par ce commentaire imbécile, cette icône sénile de la gauche caviar a confirmé ses propos : « Malgré tous ceux qui m’insultent, je le redis : La Manif pour tous a accepté dans ses rangs ces fachos qui ont tué Clément. À eux de réfléchir. »

En ajoutant à cela les suppliques du premier ministre à son ministre de l’Intérieur demandant la dissolution d’un mouvement extrémiste inconnu, chacun a pu mesurer à quel point la gauche, tout entière, était tombée dans une forme d’hystérie. Comme si, face à son échec économique, politique et sociétal, la majorité — devenue une petite minorité face au pays réel — cherchait une voie de diversion. Comme si, pour ressouder un Parti socialiste aux abois, un Front de gauche décrédibilisé et des Verts hirsutes, il ne restait plus aux chiens de garde de l’Élysée que cette piètre issue de secours : crier au loup fasciste ! Comme si, finalement, au bout d’un an de pouvoir, la gauche n’avait plus rien à dire aux Français.

Plutôt que de faire systématiquement de l’extrême droite une sorte de monstre (comme à Carpentras avec François Mitterrand), les socialistes seraient mieux inspirés d’essayer de comprendre pourquoi un mouvement comme le Front national fait jeu égal avec la pompeuse Rue de Solferino dans les sondages pour les futures européennes. Pourquoi plus le chômage grimpe, plus les usines ferment, plus les impôts montent, plus la délinquance s’affole, plus Marine Le Pen prospère en popularité et son parti progresse dans les intentions de vote.

Quand donc les Français qui nous gouvernent et ceux qui aspirent à gouverner accepteront-ils un jour de regarder les électeurs du Front national comme des Français normaux, et pas comme des fascistes ? Quand donc se poseront-ils la question de savoir pourquoi ils rejettent des politiques qui les ont conduits à Pôle emploi, au déclassement et aux fins de mois impossibles à boucler ? Quand donc arrêtera-t-on de prononcer systématiquement des fatwas à l’égard de ceux qui s’inquiètent — parfois à juste titre — de ne plus se sentir en France ?

Bien sûr, le Front national dérange de plus en plus. À gauche, où il commence à faire perdre les différentes élections partielles. Et à droite, où il pourrait bientôt afficher plus d’électeurs que la seule UMP. Bien sûr, Marine Le Pen séduit un électorat de plus en plus jeune et de plus en plus mélangé socialement. Mais faut-il être vraiment à court d’arguments pour accuser à la fois le Front national et La Manif pour tous d’être à l’origine de la violence qui a coûté la vie à Clément Méric ! Alors que Marine Le Pen s’est abstenue de défiler contre le mariage homosexuel !

Paul Valéry écrivait que « le monde ne vaut que par les extrêmes et ne dure que par les moyens. Il ne vaut que par les ultras et ne dure que par les modérés ». Oui, il faut des extrémismes pour mieux les combattre et des ultras pour mieux apprécier la tempérance et le débat d’idées. Mais cela n’interdit pas aussi de chercher des solutions pour tous ceux qui se réfugient derrière ces extrêmes. Et écouter ce peuple bâillonné, stigmatisé, voire diabolisé, ne signifie pas excuser telle violence ou tel crime. C’est juste le devoir de n’importe quel acteur d’une démocratie vivante. Plutôt que de jeter l’opprobre, de crier au déshonneur et d’en appeler à la honte.

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